PHOTOGRAPHY

PHOTOGRAPHY - PUBLICATIONS & INTERVIEWS


Chasseur d'Images #401- Interview March 2018 (French)


Dodho Magazine - Interview May 2018 (English)

THE PROMENADE BY CYRILLE DRUART

 

THE PROMENADE SERIE PRESENTS A SELECTION OF IMAGES MADE DURING THE LAST TWO YEARS.

THE TITLE REFLECTS THE PHOTOGRAPHIC PRACTICE OF CYRILLE DRUART. UNLIKE HIS OTHER PASSION, ARCHITECTURE, A FIELD IN WHICH THE PROGRESS OF PROJECTS IS SLOWER AND ANCHORED IN PRACTICAL NEEDS, HIS PHOTOGRAPHIC WORK CONSISTS OF MOMENTS, WITHOUT ANY NECESSARY RELATIONSHIP BETWEEN THEM. IF ARCHITECTURE EXTENDS OVER THE LONG TERM, PHOTOGRAPHY OFFERS LIVELINESS AND SPONTANEITY OF THE INSTANT.

 

His shooting protocol is always the same. Armed with his camera, Cyrille wanders in the cities randomly, without preconceived ideas on a subject or a theme. The images made reflect his desires of the moment. He takes the position of an ant or a small insect, the most discreet possible, and observes the world to capture a form of sincerity, a certain truth. By becoming invisible people don’t notice the camera. They stop acting. His images are deliberately not linked to each others as such, but form a set of floating images, bathed in different lights and moods. It is not a series where the photographs would be a logical continuation. Each image exists for itself, independently of a whole. Therefore, this is not a work that can be compartmentalized. There is however a connection between these photographs, which is Cyrille’s interest in graphic images, often of semi-darkness, and rather suggestive. This love for light and shadow comes from classic influences, among others the work of painter Caravaggio, which he used to reproduce details using pastel when he was young.

Later on, Magnum member photographer Raymond Depardon introduced Cyrille Druart to the work of japanese photographer Daido Moriyama, which reinforced his thoughts about contrasted yet subtly crafted images. He found his way of expression there, laying in deep blacks and grayscale. Heavy skies, some form of emptiness and absence are also part of his images. He chose Black & White from the very beginning for its visual impact and timeless qualities. B&W is a force in itself. It suggests life but it also very graphic.

Cyrille aims at illustrating moments of life, from the most banal to the most eloquent. It is about showing Life as a whole, with a particular focus on urban scenes, hard and dry imagery but also poetry and some tenderness that can be found in megacities. His will is to go beyond appearances and capture intimate moments, where the natural comes out and become universal. A gesture, a look that makes a person similar to another one who lives on the other side of the planet.

The images of Cyrille Druart have no political purpose either, they show the world without judgment, but they can illustrate a form of meditation and questioning on the World.

The use of film also add to this imagery. Grain for instance creates a layer he describs as a way of shifting reality. Analog has a surface that can be scratched, and in the same time it clearly suggests a limit when a viewer looks at a photograph. It becomes an image in its own right, a graphic work, purely pictorial, where digital maintains this link with reality by showing things as they are. Also using film is more physical as you engage your whole body into post processing. Cyrille sees photography a two-act creation. First you take the picture, and then you turn it into a strong visual work. Therefore he can spend an entire day working on one image in order to achieve the final print. He is not interested in retouching/moving elements around or deleting. Having moved from the dark room and working with an enlarger to working with a software, he still applies the same process, dodging, burning and contrasting.


Fisheye Magazine - Interview Dec. 2017 (French)

Quand et comment êtes-vous devenu photographe ?

J’ai commencé à pratiquer la photographie il y a une quinzaine d’années. J’étudiais à l’époque le Design et l’Architecture à l’Esag-Penninghen à Paris, et je profitais des agrandisseurs disponibles pour tirer mes photos.

J’ai ensuite ralenti le rythme pour me focaliser sur mon activité Architecturale pendant quelques années, puis repris sérieusement ma pratique il y a 8 ans environ.

 

Que ressentez-vous lorsque vous avez votre appareil à la main ?

Beaucoup d’excitation. Je continue à voir l'appareil photo comme un objet un peu magique. Je ressens à chaque déclic quelque chose de spécial. Cette possibilité de figer le temps est fascinante. Ce qui me plaît le plus lorsque j'ai un appareil en main est ce potentiel, cette possibilité de créer quelque chose de beau ou de significatif en se basant simplement sur ce qui nous entoure. C'est un certain pouvoir.

La prise de vue est un instant à part, quelques secondes durant lesquelles le reste du monde n'existe plus. La concentration fait que c'est un moment très intense. Si l'engagement physique n'est pas forcément important, on peut étrangement en sortir épuisé, vidé.

Mais la profonde joie que procure une photo réussit est telle que l'on peut chercher à reproduire ces conditions. Dans mon cas, même si le résultat n'est pas immédiatement visible, cela peut devenir une véritable jubilation.

 

Chaque photo a une certaine importance, et je traite la pellicule comme un medium précieux. J’aime le protocole de chargement, l’avancement du film, le côté fragile du support. Mais ce n’est pas de la nostalgie car au moment où j’ai commencé la photographie, le numérique était quasiment mûr en 35mm. J'utilise occasionnellement un appareil numérique, mais j’affectionne particulièrement l’argentique pour son rendu plus velouté et imprévisible.

Porter un objet lourd et encombrant ne me convient pas, c'est pourquoi j'en ai un discret et léger, avec en général un seul objectif. Mon appareil photo principal est une merveille de design et de mécanique. J’aime le regarder, admirer ses lignes, imaginer son fonctionnement interne.

C'est comme un instrument de musique qui permettrait de créer une belle symphonie.

 

Quel est le propos de cette série ? Qu’avez-vous voulu montrer ?

Cet ensemble regroupe des photographies prises durant les deux dernières années. Ce n’est pas une série en tant que tel car les photos n’ont pas de lien explicite, mais elles représentent ma façon de procéder. Je ne regroupe pas mes photos par thème, c'est plutôt une continuité sur le long terme.

 

Je suis intéressé par les fragments, les vestiges portés par les êtres humains ou laissés derrière eux, qu’ils soient physiques ou culturels.

L'Observation me tient particulièrement à cœur, c'est une "activité" que je pratique depuis mon enfance de façon naturelle sans m'en lasser. J'aime particulièrement les petits détails qui disent beaucoup, souvent plus que l'image globale qui n'est qu'une façade. Cela explique le cadrage serré d'une grande partie de mes photos. J'essaie de cisailler, de pénétrer une certaine vérité, en excluant le superflu.

Je recherche le contraste, les noirs profonds qui absorbent la lumière, qui simplifient non seulement l'image en la structurant mais aussi permettent de faire disparaître des éléments. La notion de mystère m’intéresse particulièrement car cela permet de rester dans la suggestion.

Je n’aime pas les images qui disent tout. 

 

Outre ces préoccupations, j’aime illustrer des moments qui me sont chers, d’une manière graphique car c’est un moyen de représentation que j’affectionne. La géométrie m'intéresse beaucoup, aussi bien en Photographie qu’en Architecture, mon autre grande passion.

Et j’aime croire qu’une image peut faire passer des émotions telle que la bonté, la tendresse et un certain bien-être. C’est en tout cas la raison pour laquelle je fais de la Photographie.


Graine de Photographe - Interview July 2017 (French)

Le photographe Cyrille Druart est né en 1980 à Paris. Architecte de formation, il focalise son travail sur les grandes villes du monde et leurs habitants. C’est au cours de nombreux voyages, mais aussi à Paris, que ce street photographe parisien réalise la majorité de ses photos.

Le travail de Cyrille Druart se compose quasi exclusivement d’images en noir et blanc. Des photographies argentiques à la composition travaillée, où les jambes des femmes se mêlent à l’architecture urbaine.

Découvrez Cyrille Druart et son travail à l’occasion de notre Interview :

 

Quel est votre parcours photographique ?

J’ai toujours aimé regarder des images. Avant même de commencer sérieusement la photographie, vers 23 ans, j’étais très attiré par ce medium et l’idée que je m’en faisais. J’ai commencé par faire du noir et blanc car nous avions des agrandisseurs et du matériel à disposition dans mon école de design (ESAG Penninghen – académie Julian à Paris). J’ai très vite acheté mon propre matériel, ce qui me permettait de travailler à mon rythme et de faire mes expériences.

Depuis, je voyage dans les grandes mégapoles pour faire des images. Je pars en général seul et plusieurs jours. Je me déplace au maximum à pied car c’est la meilleure façon de découvrir une ville à mon sens. Cela permet d’être en contact avec les choses et de travailler à petite échelle. Je compte beaucoup sur le hasard des rencontres. Et je provoque les choses aux maximum. Je me faufile, je fouille et je repars.

Mon travail regroupe mes thèmes de prédilection, mais comme mon sujet reste la vie dans sa totalité, je ne pense pas pouvoir catégoriser mon travail. 

 

Vos photos sont principalement en noir et blanc, pouvez-vous nous dire ce que vous affectionnez tout particulièrement dans ce rendu ?

Le noir et blanc a quelque chose d’obsédant. Son caractère atemporel en fait un medium de choix pour créer des images fortes et marquantes.

Je me retrouve entièrement dans le noir et blanc, et je ne me pose jamais la question de savoir si ma prochaine image sera monochrome ou non. La part de mystère y est très présente, et c’est quelque chose que je recherche. La symbolique du noir est vieille de plusieurs millénaires, c’est l’inconnu, le gouffre, le vide.

J’aime beaucoup cette imagerie. La pénombre inquiète les enfants, fascine et dérange les adultes. Elle a quelque chose de repoussant et de très attractif. L’ombre retient les détails, ne dévoile pas tout. Elle permet à l’imagination de travailler. C’est peut-être la chose la plus importante pour moi. De cette façon le spectateur devient acteur, il pénètre l’image et en crée sa propre construction.

J’aime particulièrement lorsque quelqu’un regarde mes images et pousse un petit soupir. C’est la plus grande récompense qui soit. Alors l’image est réussie.

 

Quelles sont vos inspirations ? 

La vie en général. J’aime beaucoup entrer dans l’intimité des gens. Je suis très curieux par nature et j’aime assez donner un côté voyeur à mes images. J’adore voler des instants et les fixer sur la pellicule. En cela, la photographie illustre la vie mais est directement reliée à la mort. C’est un acte romantique et j’aime le voir de cette façon. C’est ce qui fait sa beauté et sa préciosité. Et le fait de travailler en argentique renforce ce sentiment car le film en lui-même devient un objet sensible, qui réagit au temps. Ce n’est pas un medium analytique comme le numérique, qui donne une image directe du réel, sans plus. A mon sens, la photographie est une des plus grandes inventions de l’Histoire, et si aujourd’hui la technologie est plus démocratisée que jamais et utilisée de façon décomplexée par tous, il ne faut pas sous-estimer son pouvoir. Une image n’a pas de barrière linguistique, si utilisée de façon adéquate, elle transmet instantanément un message similaire à toutes les cultures.

 

Avez-vous des projets à venir ?

Je continue à photographier ce qui m’entoure de façon quasi-quotidienne. Je travaille en flux continu, cela sera donc le projet d’une vie, avec les aléas de la vie elle-même.

Je suis en contact avec plusieurs éditeurs afin de réaliser un livre. Nous avons dû repousser le projet mais je compte bien le concrétiser lorsque nous serons prêts. Je travaille également sur un projet en rapport avec les lieux de cultes. Ce travail s’étalera sur plusieurs années, et évoluera donc au fur et à mesure. En parallèle, mon galeriste (Galerie Philia) s’occupe de la vente de mes tirages et de la relation au marché de l’art.


Street Photography Magazine #47 - Interview Feb. 2017 (English)


Street Photography Magazine (cover) #47 - Feb. 2017


The Sun (cover) #489 - Sept. 2016


Camera #11/12 - Nov. 2015/Jan. 2016


Lens Magazine - Interview June 2016 (English)


Monovisions - Interview March 2016 (English)


The Inspired Eye - Interview June 2015 (English)


Dodho Magazine - Sept. 2015 (English)

CYRILLE DRUART ; THE WORLD AS I SEE IT

 

I RECORD LIFE. THE WORLD AS I SEE IT. MY AIM IS NOT TO SHOW THINGS AS THEY ARE. I WANT TO MODIFY THEM, EXTRACT THEM FROM REALITY TO GIVE THEM A NEW DIMENSION IN RELATION TO REAL LIFE, OR COMPLETELY OFFSET.

I’M NOT LOOKING FOR FOLKLORE, BUT FOR A KIND OF UNDERLYING TRUTH. I TRY TO CREATE SINGLE IMAGES, INDEPENDENT OF EACH OTHER.

I’m often told that my training as an architect is reflected in my photographs. I like to show the human being surrounded and confronted to what he built. Lost in an immensity or surrounded by material. In any case I seek the trace of a passage, of a story. It is very interesting to look for these signs in a city. Even if seen as cold and impersonal, it carries the traces of human choices. Nothing is left to chance, everything is the result of a planned and thoughtful collective work. And when the space is left blank, it is still a choice.

It is a way of talking about our choices of a lifestyle. By extrapolation it is also a way of addressing more spiritual and philosophical questions in relation to our situation and the image we have of ourselves. Photography allows me to ask questions that I think are interesting, beyond simple graphic compositions. My approach is humble, with no answers, only questions. Some situations leave me skeptical, and I think it is interesting for an artist to share his doubts as to highlight particularly beautiful moments. The medium allows me talking about our greatness as our worst meanness.
Black and White simplifies images to the maximum, keeping only the essentials. I also love it for its classic and timeless beauty. B&W seems to make an impression in a more direct and persistently way. It focuses on the very moment and do not embarrass with frills. They are elegant, delicate and absolute.


WeGoTalent - May 2015 (French)


Point Focale - Interview May 2015 (French)

Druart est un artiste du visuel, un œil, marqué par les courbes et sensibilisé aux lignes. Aujourd’hui Architecte et photographe, Monsieur Druart a accepté de répondre à quelques questions pour Point Focale. Avant tout pour présenter le parcours de l’artiste, Cyrille Druart naît en 1980 à Paris. Il s’intéresse très tôt à l’Art et expérimente différents domaines dès son plus jeune âge. En parallèle à des études de Design à l’ESAG-Penninghen, il apprend la photographie en autodidacte et commence à voyager dans le but de faire des images.

Il focalise son travail sur les grandes villes du monde, portant son intérêt sur l’observation des habitants, la façon dont les gens se comportent et interagissent entre eux. La solitude est également au centre de ses images, car paradoxalement au cœur des vies urbaines.
Parcourant régulièrement les grandes agglomérations en déambulant de façon aléatoire, il utilise presque exclusivement le noir et blanc comme moyen de représentation. Selon ses mots « le but n’est pas uniquement de figer le temps, mais de décoller des fragments de la réalité pour créer des images isolées, faites d’une substance qui leur est propre. »

Cyrille Druart enseigne à l’ESAG-Penninghen (École Supérieure d’Arts Graphiques et d’Architecture Intérieure) à Paris, de 2009 à 2011.

 

Comment en êtes vous venu à la photographie, pourquoi ?
Mon père m’a offert mon premier appareil en 2002, un Nikon FM2 avec différentes optiques. Je sentais un attrait pour la photo depuis quelques années déjà, mais ce cadeau a été déclencheur. C’est tout de même magique de pouvoir figer le temps, et de pouvoir montrer le résultat à quelqu’un d’autre. L’imagerie m'a toujours beaucoup intéressé.

 

Vous faites partie des photographes autodidactes, comment pensez vous avoir appris la photographie, qu’est ce qui a pu vous instruire et vous faire progresser ?
Je suis né à Paris, et je passe énormément de temps dans les musées depuis que je suis petit. J’ai développé une sensibilité aux œuvres classiques et modernes, et y ai appris la composition de façon inconsciente. Quand vous habituez l’œil d’un enfant à des proportions travaillées, à une façon de représenter les corps, le cerveau s’en souvient. J’ai ensuite étudié le dessin académique pendant plusieurs années, ce qui a renforcé mes connaissances.
J’ai commencé la photographie en faisant des expérience simples, des photos d’objets se brisant, également capter la lumière de façon très basique, avec des prismes notamment. Ces tests m’ont permis de connaitre les vitesses à utiliser en fonction des situations, et la surexposition ou l’inverse. Je lis également beaucoup de livres d’art. J’étudie les images, leur structure. J’ai appris, comme cela, la notion de qualité picturale, ce qui fait qu’une image fonctionne.
Mais la progression est constante. Je ne pratique régulièrement que depuis une dizaine d’années. C’est très peu lorsque l’on parle de discipline artistique. A chaque retour de voyage je me pose des questions. Pourquoi ai-je fait celle-ci, pourquoi pas autrement, mon placement est-il correct, comment représenter les choses différemment ? Au bout d’un certain temps des réponses arrivent et aiguillent la série suivante. Il faut une certaine préparation mentale car sur place on ne réfléchit plus, on agit. Cette somme d’idées, de réflexion doit se cristalliser en un tout pour devenir automatique, comme un pianiste ne peut pas penser à ses doigts lorsqu’il joue, ou il ratera à coup sûr. Les gens ne voient pas cette préparation, mais elle est fondamentale.

 

Comment utilisez vous la photographie, à quoi vous sert t-elle? Qu’est-ce qui vous plaît dans cet art ?
J’aime observer les gens. Pas les anecdotes, mais les grands mouvements. C’est très intéressant de constater que malgré toutes nos différences culturelles, les réactions à un événement ne sont pas si différentes entre un Français et un Chinois. Lorsque je fais une photo de quelqu’un dans la rue, ce n’est pas juste une personne que je voudrais montrer, mais plus un mouvement général, universel.
J’aime la Photographie pour sa vitesse de communication. J’aime le fait que le résultat ne soit « qu’une » image, c’est-à-dire un support plat, malléable, presque inexistant, mais pourtant si évocateur. Avec internet les choses se sont amplifiées, et même si je tiens à imprimer mes photos, elle ne sont aujourd’hui que des idées.

 

Quels sont vos thèmes de prédilection et pourquoi ?
A vrai dire je ne me pose pas la question en terme de sujet précis ou de série même. Je photographies les gens, lorsque la situation et le moment me semblent intéressants. Cela peut être uniquement dans un but graphique, d’autres fois pour une raison plus symbolique ou philosophique. Il m’arrive de savoir à l’avance la photo que je veux faire car j’ai repéré un lieu. J’y retourne alors autant de fois que nécessaire afin de faire concorder la « réalité » et mon idée. Mais la plupart du temps je ne fais que marcher avec mon appareil dans la main et attendre que « cela vienne ». J’essaie d’être réceptif et ouvert. Lorsque je cherche je ne trouve rien en général…

 

Pourquoi choisir principalement le noir et blanc ?
J’ai choisi le noir & blanc dès le début. Son caractère graphique m’a tout de suite plu. Mais il permet surtout de se décoller de la réalité en créant une dimension parallèle. C’est très étrange quand on y pense le noir et blanc. C’est sans lien avec la Nature, avec ce que l’on peut expérimenter de nos yeux. C’est une expérience en soi.
L’impact est également très rapide. Visuellement fort. Une bonne image en N&B me touche immédiatement. C’est sans détour. Cette efficacité me plait.
Enfin le N&B renforce le côté dramatique d’une situation, cela peut même devenir inquiétant. C’est très intéressant pour un photographe.

 

Votre activité architecturale influence t-elle vos travaux photographiques et inversement; quelle relation entre ces dimensions ?
Mes deux passions ne peuvent pas fonctionner l’une sans l’autre. C’est pour moi un luxe de pouvoir naviguer entre deux domaines si intéressants. Comme en Architecture, c’est la relation entre l’Homme et le construit qui m’intéresse, et son évolution dans l’espace. Qu’ils soient contraints ou dirigés, la réaction des gens me fascine. J’apprends beaucoup sur eux en faisant des photos. C’est aussi pour cela que je photographie presque exclusivement en milieu urbain, et de préférence les très grosses villes. D’une part car l’anonymat permet aux gens d’être eux-mêmes, et aussi parce que l’urbanisme agit comme autant de frontières physiques avec lesquelles je peux jouer, et qui définissent un parcours pour les habitants. Je ne me sens pas très inspiré à la campagne par exemple. J’ai besoin de sentir un foisonnement, un agitation constante. C’est extrêmement stimulant.


The PhotoArgus - Interview June 2015 (English)

Cyrille Druart is a photographer from Paris who, at an early age, developed an interest in art. After experimenting with various fields of interest and attending design school, he started to focus more on photography. Cyrille’s love of the city and work in architecture has led him to traveling and wandering randomly through the big cities of the world searching for great images. How people interact and behave fascinates Cyrille and many of his pictures focus on the loneliness of the city, which he feels is the central feeling of the urban lifestyle. He almost exclusively shoots in black and white and prefers contrasted, dark looking images.

 

What’s the inspiration behind your contrasted, dark looking images?
Black and white allows visual simplification. And by contrasting an image, I can reduce grayscale and shapes to three or four elements, which make the image very quick to read. I love that sense of immediacy. But above all, it allows me to take off fragments from reality by creating a parallel dimension. B&W is very strange when you think about it. It is unrelated to anything we experience in nature, or what we usually see with our eyes.

Finally, B&W enhances the drama of a situation, it may even become disturbing, which is very interesting for a photographer like myself. I love mystery. This is why I also use film for my personal work. Its specifications work well for me. It can deal with a sudden change of luminosity and deliver clear images, with full grayscale. Although some people use it for its nostalgic aspect, I prefer to use it for its superior rendering.

 

What makes the city so interesting?
I shoot almost exclusively in urban areas, and preferably very large cities. The anonymity allows people to be themselves and the architecture makes great physical boundaries which I can play with and define a path for the inhabitants. The countryside isn’t very inspiring to me. I love to feel at the excitement and constant agitation of the city.

 

What inspired you to shoot the type of photography you do?
I love watching people. Not anecdotes, but large movements. It’s very interesting that despite our cultural differences, reactions to events are not so different between the different cultures. When I take a photo of someone in the street, it’s not just one person I would like to show, but a universal moment, as if this person represented all others. Just like architecture, it is the relationship between man, the structure, and his evolution in space that interests me. I learn a lot about people when taking photos. I was also very influenced with movies. I tend to look for unusal situations and images that bring questioning. It tickles the imagination.

 

What have you learned the most through your years of photography?
I have developed my sense of timing, and above all to never hesitate. Photography is a matter of seconds. If you’re too early or too late, you miss the shot. You need to feel the moment, like a dancer doesn’t think while he moves.


Focus Numerique - May 2015 (French)


Kwerfeldein - Interview June 2015 (German)

In Sekunden gelesen

 

2003 nahm ich meine erste Kamera in die Hand. Eine Nikon FM2. Ihre Robustheit und das Gewicht gefielen mir sofort. Ich begann damit, einfache Objekte zu fotografieren und experimentierte.

Zu Beginn entwickelte ich meine Filme selbst und verwandelte mein Bad in eine Dunkelkammer. Dort machte ich Dutzende unterschiedliche Versionen eines Abzugs. Ich konnte zwei ganze Tage damit verbringen, an einem einzigen Negativ zu arbeiten. Später wechselte ich zum einfachen Scannen und arbeitete mit Photoshop, was besser zu mir passte. Im Alter von 24 Jahren begann ich, zu reisen, um Bilder zu machen. Ich bin aber in dem Sinne kein Tourist, da ich in Städten keinen geplanten Routen oder vorgefertigten Plänen folge. Ich laufe meist wahllos umher und verliere irgendwann die Orientierung. Für mich ist nicht das Ziel entscheidend, sondern, was auf dem Weg dorthin passiert. Ich kann Stunden an Flughäfen damit verbringen, Bewegungen zu beobachten. Die Tatsache, dass Menschen aus aller Welt aufeinanderstoßen (und es manchmal nicht einmal bemerken), fasziniert mich. Wie großartig!

In Städten wähle ich nie Sehenswürdigkeiten aus, lande aber manchmal über Umwege trotzdem dort. Ich tendiere dazu, Touristen zu vermeiden und versuche, versteckte Straßen zu finden. Dort, wo das „echte“ Stadtleben pulsiert. Ich versuche, unauffällig zu sein und mich so zu benehmen, als ob ich ein Einheimischer wäre. Verstecke meine Kamera, so gut es geht und fotografiere zügig. Das funktioniert in Europa und westlichen Städten wunderbar, in Japan jedoch nicht. Die Leute dort bemerken mich sofort und mögen es nicht, fotografiert zu werden. Ich muss mich also schlau anstellen. Wobei ich sagen muss, dass ich nie den Drang verspüre, alles aufzunehmen. Ich trainiere mein Auge ständig und überall – auch ohne Kamera. Oft lerne ich aus einem Moment heraus und kann dieses Wissen an anderen Orten einsetzen. So benutze ich die Fotografie, um zu zeigen, wie ich Dinge sehe und auch, um Stimmungen zu unterstreichen. Deshalb versuche ich, ins Auge fallende Aufnahmen zu machen, die in Sekunden „gelesen“ werden können.

Wenn Du als Betrachter herausfinden musst, was Du gerade siehst, habe ich versagt. Ich mag Bilder, die klar und direkt sind. Minimalismus gefällt unseren Augen, da unser Gehirn einfach und schnell das Ergebnis versteht. Dabei ist es gar nicht so leicht, einfach wirkende Aufnahmen zu erstellen. Das erfordert Weitsicht und einen enormen Aufwand, um sichtbare Elemente zu minimieren, ohne dabei das Hauptaugenmerk aus dem Fokus zu verlieren. Für mich ist Fotografieren ein natürlicher Vorgang und ich stecke mir keine Ziele. Ich möchte einfach so weiter fotografieren, wie ich will und den Dingen ihren Lauf lassen. So wird sich meine Perspektive mit den Jahren ändern und meine Erfahrung wachsen – und es fühlt sich so an, als ob ich in den letzten fünf Jahren einiges dazugelernt habe. Meine Arbeit infrage zu stellen, Kontaktabzüge regelmäßig zu bewerten und herauszufinden, wohin ich mich entwickle, war dahingehend äußerst hilfreich. Da ich immer noch auf Film fotografiere, freue ich mich, wenn ich zwei gute Fotos aus einer 36er Rolle fischen kann. Ich bearbeite meist nur zehn Prozent von dem, was ich fotografiere – selten mehr. Das ist zwar keine selbstauferlegte Regel, aber über die Jahre hat sich dieses Verhältnis durchgesetzt. Film nutze ich auch, um physikalisch daran zu arbeiten. Manchmal zerkratze ich Negative und zerstöre die Oberfläche, um dem Medium eine zusätzliche Ebene zu verpassen. Und die Sauberkeit des Digitalen langweilt mich. Klar, digitale Fotos sehen hier und da sicher gut aus, aber mir fehlt da einfach die Tiefe. Im Beruf arbeite ich digital, denn ich mag die Schnelligkeit, wenn ich sie brauche – doch auch hier fehlt mir die Abwechslung des Formats. Man beschneidet ein Foto mittels Software und das ist einfach etwas anderes als ein quadratisches Mittelformat. Es ist ein Fake und ich mag sowas nicht.

Desweiteren ist es recht leicht, in der digitalen Fotografie Informationen zu verlieren. Ein sehr heller Himmel mit nicht ganz perfekter Belichtung und schon hat man’s vermasselt. Ich finde es ein bisschen komisch, dass das bis heute nicht richtig optimiert wurde. Für mich ist es mit Film fast unmöglich, solche Fehler zu machen. Ich bin mir sicher, dass wir in 15 Jahren alle digital fotografieren werden, aber vorher muss die digitale Technik um einiges besser werden. Um darauf zurückzukommen, was mich persönlich bewegt: Es handelt sich dabei immer um Menschen – oder Zeichen von Menschen. Ich möchte mich aber nicht als Straßenfotograf bezeichnen, denn ich konzentriere mich nicht auf menschliche Einzelheiten. Wie sich jemand kleidet, interessiert mich beispielsweise gar nicht. Und witzige Situationen genauso wenig. Ich möchte gerne Momente festhalten, die in ihrer universalen Dimension wirken. Zeigen, wie Menschen an einem Ort zu einem präzisen Moment leben – und diesen Moment spürbar machen. Sodass Betrachter unsere Entwicklung, Bildung, was und wie wir Menschen lieben, erkennen mögen – all das nur beim Betrachten von Bildern. Es geht um mehr als nur Anekdoten. Es geht um eine grundsätzliche Evolution, die ich darstellen will.

Die Fotografie ist nicht meine einzige Leidenschaft. Hauptberuflich arbeite ich als Innenarchitekt und verfolge damit dieselben Interessen. Mit Architektur kann man, so glaube ich, das Leben von Menschen verbessern, indem man das gestaltet, was um sie herum ist und sie dazu bringen, Alltag und Zukunft zu hinterfragten. Dieses Gefühl einer spirituellen Erfahrung ist es, was mich wirklich bewegt.

So ist das, was ich mache, eine Studie des menschlichen Zustands. Und das begeistert mich sehr.


Portal Photo - Interview June 2015 (Portuguese)

A fotografia autoral está em uma crescente, conheça na entrevista um profissional que trabalha somente com autoral em preto e branco.

Nascida nos anos 80 na charmosa cidade de Paris, o fotógrafo Cyrille Druart, tem uma linguagem e estética singular na criação de suas imagens autorais em preto e branco. Esteve sempre interessado por arte e se formou em Design na à l’ESAG-Penninghen, em Paris, onde aprendeu sobre fotografia. Partindo daí começou a viajar e observar as pessoas, como se comportam, como interagem e seus movimentos, foi onde se apaixonou pela fotografia autoral em preto e branco. Seu objetivo não é só congelar o tempo, mas para tirar fragmentos da realidade para criar imagens individuais, feitos de uma substância própria. Confira a entrevista:

 

Portal Photos: Conte sobre seu processo criativo nos momentos que sai para observar as pessoas?

Cyrille Druart: Quando eu viajo, acordo cedo e ando aleatoriamente até que algo me chame à atenção. Muitas vezes eu saio e não fotografo mesmo carregando a câmera o tempo todo, fico procurando imagens em potencial, então eu posso esperar até trinta minutos o momento certo de fazer aquela foto.  Eu posso voltar várias vezes naquele lugar para ver a variação da luz, ou a mudança nos movimentos das pessoas. Como fotógrafo, você precisa estar sempre concentrado.

 

PP: Por que sua escolha de fotografar em preto e branco?

CD: Eu escolhi preto e branco desde o início, amo a fotografia de cor também, mas eu me sinto mais perto de imagens monocromáticas. É um pouco cru e direto. Eu prefiro me concentrar em luz e sombras em vez de cores. Quero dizer, olhe o trabalho de Erwin Blumenfeld, o que ele fez é muito bonito, e exige muito estudo para alcançar tais composições com cores fortes.

 

PP: O que te atrai tanto na fotografia preto e branco?

CD: Para mim preto e branco está perto de abstração, eu gosto disso porque posso separar minhas imagens da realidade. Baseio meu trabalho no mundo real, a câmera captura então eu isolo a cena a fim de criar um mundo diferente. É apenas uma fração de segundo, um momento que nunca vai existir novamente em que a imaginação do espectador cria o resto. Não faço como os fotojornalistas, meu interesse não é mostrar o mundo como ele é eu quero filtra-lo primeiro. Preto e branco também são um ótimo meio para criar mistério, o estranho e inusitado particularmente me interessa, e eu me sinto atraído por atitudes nervosas também.

 

PP: O que você pensa sobre o mercado de fotografia autoral nos dias de hoje?

CD: A internet mudou radicalmente o mercado, mudou a nossa forma de mostrar fotos, a nossa maneira de compartilhá-los, e a maneira de como vender o trabalho. Hoje eu acho que é mais fácil do que nunca para ser visível para um público amplo. As câmeras digitais permitem que às pessoas tirem fotos de qualidade sem muito conhecimento, os processadores são capazes de escolher as configurações. Portanto, qualquer um pode fingir ser um fotógrafo.

 

PP: Qual mensagem você quer passar aos nossos leitores?

CD: Acho que as pessoas seguem muito uns aos outros. Mais do que nunca, devemos entender a noção de qualidade, devemos ficar vigilantes. Eu tento fazer imagens atemporais que falam a todos. Acho que meus recursos visuais são fáceis de entender, e eu espero que elas toquem o espectador de uma maneira natural.


180 Magazine - Interview July 2015 (English)

I started Photography around 2003, when I was given my first film camera. I was studying Interior Design at the time, and there was a darkroom with free access in my school (ESAG-Penninghen in Paris). That’s where I learned how to process film, but more importantly, how to print a picture, using dodging and burning. This is where I get the pleasure. Taking the picture is exciting, but to me the thrill comes afterwards, I start working on it. I then set up my own darkroom, in my flat, and spent a lot of time making experiments. When I felt confident enough I started travelling around the world, visiting friends or on my own. By training alone, I learned how to get good timing, where to stand. It’s an ongoing process, and I’ll probably still be trying different methods in 20 years from now. There is a lot of interrogation going on, before or after the shot, and I really like that. There are many photographers I admire for the questioning they raise. I try not to compare myself with others. I mean sometimes it may be reassuring, but I think one has to find his path and stick to it, while evolving.

I only shoot for my personal work and pleasure. My other activity being Architecture and Design, it feeds Photography in that sense of space and interest between people and the building. I guess Architecture made my pictures more tangible.
My main interest is to show people in their surrounding, large or small scale. To highlight their presence or on the other hand their fragility. I have no attempt at glorifying people, but I would like to talk about the human condition. I like pictures that represent the whole story. Our Story. That’s why I like strong, contrasted images. That means of representation emphasizes the crudeness of life.

As in my design works where I tend to use raw, sleek materials and no decoration, I try to make minimalist compositions, with one or little elements. I would like my photographs to be instantly read, with no need for explanations of text. Being quite monomaniac, I like to focus my attention on one topic and get the most out of it. In terms of composition, this translates into showing major movements rather than anecdotes. I always simplify my images to the maximum in order to reach the point where there is nothing to remove. As in any Art form, reaching the very structure, the skeleton, is the goal. It is the same work principle as designing really. I want to get rid of any superfluous element, and reach the obvious. There is nothing more thrilling to me.

My photographs relate to an idea of beauty and strangeness in life. They are about us, our way of living, our concerns and also moments of grace. I don’t work in series. The next picture might be totally different from the previous one, and I have no idea what the one after will be about. It’s the situation on the instant that moves me, although I sometimes plan to go back to some places with potential. I think my best photographs so far are the non planned ones. I see my pictures as fragments, linked together by a formal search. They have to be strong enough to work on their own.
I also try to inject some sense of mystery in my photographs. I find more interesting to suggest things than showing them, which is often disappointing. Imagination does the rest. That’s very stimulating for the viewer also, as there is not one interpretation only. Everyone may find one.

Photographing in a city isn’t always easy. You need to find stratagems, divert attention, or pretend to shoot when you actually want some reaction from people. I am looking for attitudes. Not eccentric but different behaviours. It may be the way some woman is dressed, the way someone walks.
People usually don’t pay attention to others in big cities, but it’s quite easy to spot interesting subjects. I also like details that can tell a lot about someone, and then insert them into bigger framing. Most of the time I just walk around until I find something. It’s all about being receptive and ready for the moment. I don’t shoot much, rarely more than a roll a day, or let’s say 30 images. Even when travelling, I may not shoot a single frame for a day. If I don’t feel confident enough in the result, or if I think I won’t use the picture, I prefer to move on.
Because I freeze Life in the end, literally every single thing could end up being a good subject. The most important to me is to raise awareness, surprise the viewer and make him/her wonder what’s going on. Photography concentrates so much -visual and idea- it can become a very powerful weapon.