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Dodho Magazine - janvier 2019 (January 2019)


Savoir tout faire en Photographie Hors Série #16 - octobre 2018 (October 2018)

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Sur, Antonio Soler (couverture / cover) - 2018


Dodho Magazine - septembre 2018 (September 2018)


Chasseur d'Images #401 - mars 2018 (March 2018)

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Dodho Magazine - mai 2018 (May 2018)


Fisheye Magazine - décembre 2017 (December 2017)

Quand et comment êtes-vous devenu photographe ?

J’ai commencé à pratiquer la photographie il y a une quinzaine d’années. J’étudiais à l’époque le Design et l’Architecture à l’Esag-Penninghen à Paris, et je profitais des agrandisseurs disponibles pour tirer mes photos.

J’ai ensuite ralenti le rythme pour me focaliser sur mon activité Architecturale pendant quelques années, puis repris sérieusement ma pratique il y a 8 ans environ.

 

Que ressentez-vous lorsque vous avez votre appareil à la main ?

Beaucoup d’excitation. Je continue à voir l'appareil photo comme un objet un peu magique. Je ressens à chaque déclic quelque chose de spécial. Cette possibilité de figer le temps est fascinante. Ce qui me plaît le plus lorsque j'ai un appareil en main est ce potentiel, cette possibilité de créer quelque chose de beau ou de significatif en se basant simplement sur ce qui nous entoure. C'est un certain pouvoir.

La prise de vue est un instant à part, quelques secondes durant lesquelles le reste du monde n'existe plus. La concentration fait que c'est un moment très intense. Si l'engagement physique n'est pas forcément important, on peut étrangement en sortir épuisé, vidé.

Mais la profonde joie que procure une photo réussit est telle que l'on peut chercher à reproduire ces conditions. Dans mon cas, même si le résultat n'est pas immédiatement visible, cela peut devenir une véritable jubilation.

 

Chaque photo a une certaine importance, et je traite la pellicule comme un medium précieux. J’aime le protocole de chargement, l’avancement du film, le côté fragile du support. Mais ce n’est pas de la nostalgie car au moment où j’ai commencé la photographie, le numérique était quasiment mûr en 35mm. J'utilise occasionnellement un appareil numérique, mais j’affectionne particulièrement l’argentique pour son rendu plus velouté et imprévisible.

Porter un objet lourd et encombrant ne me convient pas, c'est pourquoi j'en ai un discret et léger, avec en général un seul objectif. Mon appareil photo principal est une merveille de design et de mécanique. J’aime le regarder, admirer ses lignes, imaginer son fonctionnement interne.

C'est comme un instrument de musique qui permettrait de créer une belle symphonie.

 

Quel est le propos de cette série ? Qu’avez-vous voulu montrer ?

Cet ensemble regroupe des photographies prises durant les deux dernières années. Ce n’est pas une série en tant que tel car les photos n’ont pas de lien explicite, mais elles représentent ma façon de procéder. Je ne regroupe pas mes photos par thème, c'est plutôt une continuité sur le long terme.

 

Je suis intéressé par les fragments, les vestiges portés par les êtres humains ou laissés derrière eux, qu’ils soient physiques ou culturels.

L'Observation me tient particulièrement à cœur, c'est une "activité" que je pratique depuis mon enfance de façon naturelle sans m'en lasser. J'aime particulièrement les petits détails qui disent beaucoup, souvent plus que l'image globale qui n'est qu'une façade. Cela explique le cadrage serré d'une grande partie de mes photos. J'essaie de cisailler, de pénétrer une certaine vérité, en excluant le superflu.

Je recherche le contraste, les noirs profonds qui absorbent la lumière, qui simplifient non seulement l'image en la structurant mais aussi permettent de faire disparaître des éléments. La notion de mystère m’intéresse particulièrement car cela permet de rester dans la suggestion.

Je n’aime pas les images qui disent tout. 

 

Outre ces préoccupations, j’aime illustrer des moments qui me sont chers, d’une manière graphique car c’est un moyen de représentation que j’affectionne. La géométrie m'intéresse beaucoup, aussi bien en Photographie qu’en Architecture, mon autre grande passion.

Et j’aime croire qu’une image peut faire passer des émotions telle que la bonté, la tendresse et un certain bien-être. C’est en tout cas la raison pour laquelle je fais de la Photographie.


Graine de Photographe - juillet 2017 (July 2017)


Street Photography Magazine #47 - février 2017 (February 2017)


Street Photography Magazine #47 (couverture / cover)

février 2017 (February 2017)

The Sun magazine #489 (couverture / cover)

septembre 2016 (September 2016)

Lens Magazine

juin 2016 (June 2016)

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Monovisions - mars 2016 (March 2016)


Camera #11 / 12

nov. 2015 / jan. 2016

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Dodho Magazine - septembre 2015 (September 2015)


180 Magazine - juillet 2015 (July 2015)


The Inspired Eye

juin 2015 (June 2015)

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The PhotoArgus - juin 2015 (June 2015)


Kwerfeldein - juin 2015 (June 2015)


Portal Photo - juin 2015 (June 2015)


Focus Numerique - mai 2015 (May 2015)


Point Focale - mai 2015 (May 2015)

Druart est un artiste du visuel, un œil, marqué par les courbes et sensibilisé aux lignes. Aujourd’hui Architecte et photographe, Monsieur Druart a accepté de répondre à quelques questions pour Point Focale. Avant tout pour présenter le parcours de l’artiste, Cyrille Druart naît en 1980 à Paris. Il s’intéresse très tôt à l’Art et expérimente différents domaines dès son plus jeune âge. En parallèle à des études de Design à l’ESAG-Penninghen, il apprend la photographie en autodidacte et commence à voyager dans le but de faire des images.

Il focalise son travail sur les grandes villes du monde, portant son intérêt sur l’observation des habitants, la façon dont les gens se comportent et interagissent entre eux. La solitude est également au centre de ses images, car paradoxalement au cœur des vies urbaines.
Parcourant régulièrement les grandes agglomérations en déambulant de façon aléatoire, il utilise presque exclusivement le noir et blanc comme moyen de représentation. Selon ses mots « le but n’est pas uniquement de figer le temps, mais de décoller des fragments de la réalité pour créer des images isolées, faites d’une substance qui leur est propre. »

Cyrille Druart enseigne à l’ESAG-Penninghen (École Supérieure d’Arts Graphiques et d’Architecture Intérieure) à Paris, de 2009 à 2011.

 

Comment en êtes vous venu à la photographie, pourquoi ?
Mon père m’a offert mon premier appareil en 2002, un Nikon FM2 avec différentes optiques. Je sentais un attrait pour la photo depuis quelques années déjà, mais ce cadeau a été déclencheur. C’est tout de même magique de pouvoir figer le temps, et de pouvoir montrer le résultat à quelqu’un d’autre. L’imagerie m'a toujours beaucoup intéressé.

 

Vous faites partie des photographes autodidactes, comment pensez vous avoir appris la photographie, qu’est ce qui a pu vous instruire et vous faire progresser ?
Je suis né à Paris, et je passe énormément de temps dans les musées depuis que je suis petit. J’ai développé une sensibilité aux œuvres classiques et modernes, et y ai appris la composition de façon inconsciente. Quand vous habituez l’œil d’un enfant à des proportions travaillées, à une façon de représenter les corps, le cerveau s’en souvient. J’ai ensuite étudié le dessin académique pendant plusieurs années, ce qui a renforcé mes connaissances.
J’ai commencé la photographie en faisant des expérience simples, des photos d’objets se brisant, également capter la lumière de façon très basique, avec des prismes notamment. Ces tests m’ont permis de connaitre les vitesses à utiliser en fonction des situations, et la surexposition ou l’inverse. Je lis également beaucoup de livres d’art. J’étudie les images, leur structure. J’ai appris, comme cela, la notion de qualité picturale, ce qui fait qu’une image fonctionne.
Mais la progression est constante. Je ne pratique régulièrement que depuis une dizaine d’années. C’est très peu lorsque l’on parle de discipline artistique. A chaque retour de voyage je me pose des questions. Pourquoi ai-je fait celle-ci, pourquoi pas autrement, mon placement est-il correct, comment représenter les choses différemment ? Au bout d’un certain temps des réponses arrivent et aiguillent la série suivante. Il faut une certaine préparation mentale car sur place on ne réfléchit plus, on agit. Cette somme d’idées, de réflexion doit se cristalliser en un tout pour devenir automatique, comme un pianiste ne peut pas penser à ses doigts lorsqu’il joue, ou il ratera à coup sûr. Les gens ne voient pas cette préparation, mais elle est fondamentale.

 

Comment utilisez vous la photographie, à quoi vous sert t-elle? Qu’est-ce qui vous plaît dans cet art ?
J’aime observer les gens. Pas les anecdotes, mais les grands mouvements. C’est très intéressant de constater que malgré toutes nos différences culturelles, les réactions à un événement ne sont pas si différentes entre un Français et un Chinois. Lorsque je fais une photo de quelqu’un dans la rue, ce n’est pas juste une personne que je voudrais montrer, mais plus un mouvement général, universel.
J’aime la Photographie pour sa vitesse de communication. J’aime le fait que le résultat ne soit « qu’une » image, c’est-à-dire un support plat, malléable, presque inexistant, mais pourtant si évocateur. Avec internet les choses se sont amplifiées, et même si je tiens à imprimer mes photos, elle ne sont aujourd’hui que des idées.

 

Quels sont vos thèmes de prédilection et pourquoi ?
A vrai dire je ne me pose pas la question en terme de sujet précis ou de série même. Je photographies les gens, lorsque la situation et le moment me semblent intéressants. Cela peut être uniquement dans un but graphique, d’autres fois pour une raison plus symbolique ou philosophique. Il m’arrive de savoir à l’avance la photo que je veux faire car j’ai repéré un lieu. J’y retourne alors autant de fois que nécessaire afin de faire concorder la « réalité » et mon idée. Mais la plupart du temps je ne fais que marcher avec mon appareil dans la main et attendre que « cela vienne ». J’essaie d’être réceptif et ouvert. Lorsque je cherche je ne trouve rien en général…

 

Pourquoi choisir principalement le noir et blanc ?
J’ai choisi le noir & blanc dès le début. Son caractère graphique m’a tout de suite plu. Mais il permet surtout de se décoller de la réalité en créant une dimension parallèle. C’est très étrange quand on y pense le noir et blanc. C’est sans lien avec la Nature, avec ce que l’on peut expérimenter de nos yeux. C’est une expérience en soi.
L’impact est également très rapide. Visuellement fort. Une bonne image en N&B me touche immédiatement. C’est sans détour. Cette efficacité me plait.
Enfin le N&B renforce le côté dramatique d’une situation, cela peut même devenir inquiétant. C’est très intéressant pour un photographe.

 

Votre activité architecturale influence t-elle vos travaux photographiques et inversement; quelle relation entre ces dimensions ?
Mes deux passions ne peuvent pas fonctionner l’une sans l’autre. C’est pour moi un luxe de pouvoir naviguer entre deux domaines si intéressants. Comme en Architecture, c’est la relation entre l’Homme et le construit qui m’intéresse, et son évolution dans l’espace. Qu’ils soient contraints ou dirigés, la réaction des gens me fascine. J’apprends beaucoup sur eux en faisant des photos. C’est aussi pour cela que je photographie presque exclusivement en milieu urbain, et de préférence les très grosses villes. D’une part car l’anonymat permet aux gens d’être eux-mêmes, et aussi parce que l’urbanisme agit comme autant de frontières physiques avec lesquelles je peux jouer, et qui définissent un parcours pour les habitants. Je ne me sens pas très inspiré à la campagne par exemple. J’ai besoin de sentir un foisonnement, un agitation constante. C’est extrêmement stimulant.