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Point Focale - Interview May 2015 (French)

Druart est un artiste du visuel, un œil, marqué par les courbes et sensibilisé aux lignes. Aujourd’hui Architecte et photographe, Monsieur Druart a accepté de répondre à quelques questions pour Point Focale. Avant tout pour présenter le parcours de l’artiste, Cyrille Druart naît en 1980 à Paris. Il s’intéresse très tôt à l’Art et expérimente différents domaines dès son plus jeune âge. En parallèle à des études de Design à l’ESAG-Penninghen, il apprend la photographie en autodidacte et commence à voyager dans le but de faire des images.

Il focalise son travail sur les grandes villes du monde, portant son intérêt sur l’observation des habitants, la façon dont les gens se comportent et interagissent entre eux. La solitude est également au centre de ses images, car paradoxalement au cœur des vies urbaines.
Parcourant régulièrement les grandes agglomérations en déambulant de façon aléatoire, il utilise presque exclusivement le noir et blanc comme moyen de représentation. Selon ses mots « le but n’est pas uniquement de figer le temps, mais de décoller des fragments de la réalité pour créer des images isolées, faites d’une substance qui leur est propre. »

Cyrille Druart enseigne à l’ESAG-Penninghen (École Supérieure d’Arts Graphiques et d’Architecture Intérieure) à Paris, de 2009 à 2011.

Comment en êtes vous venu à la photographie, pourquoi?
Mon père m’a offert mon premier appareil en 2002, un Nikon FM2 avec différentes optiques. Je sentais un attrait pour la photo depuis quelques années déjà, mais ce cadeau a été déclencheur. C’est tout de même magique de pouvoir figer le temps, et de pouvoir montrer le résultat à quelqu’un d’autre. L’imagerie m'a toujours beaucoup intéressé.

Vous faites partie des photographes autodidactes, comment pensez vous avoir appris la photographie, qu’est ce qui a pu vous instruire et vous faire progresser?
Je suis né à Paris, et je passe énormément de temps dans les musées depuis que je suis petit. J’ai développé une sensibilité aux œuvres classiques et modernes, et y ai appris la composition de façon inconsciente. Quand vous habituez l’œil d’un enfant à des proportions travaillées, à une façon de représenter les corps, le cerveau s’en souvient. J’ai ensuite étudié le dessin académique pendant plusieurs années, ce qui a renforcé mes connaissances.
J’ai commencé la photographie en faisant des expérience simples, des photos d’objets se brisant, également capter la lumière de façon très basique, avec des prismes notamment. Ces tests m’ont permis de connaitre les vitesses à utiliser en fonction des situations, et la surexposition ou l’inverse. Je lis également beaucoup de livres d’art. J’étudie les images, leur structure. J’ai appris, comme cela, la notion de qualité picturale, ce qui fait qu’une image fonctionne.
Mais la progression est constante. Je ne pratique régulièrement que depuis une dizaine d’années. C’est très peu lorsque l’on parle de discipline artistique. A chaque retour de voyage je me pose des questions. Pourquoi ai-je fait celle-ci, pourquoi pas autrement, mon placement est-il correct, comment représenter les choses différemment ? Au bout d’un certain temps des réponses arrivent et aiguillent la série suivante. Il faut une certaine préparation mentale car sur place on ne réfléchit plus, on agit. Cette somme d’idées, de réflexion doit se cristalliser en un tout pour devenir automatique, comme un pianiste ne peut pas penser à ses doigts lorsqu’il joue, ou il ratera à coup sûr. Les gens ne voient pas cette préparation, mais elle est fondamentale.

Comment utilisez vous la photographie, à quoi vous sert t-elle? Qu’est-ce qui vous plaît dans cet art?
J’aime observer les gens. Pas les anecdotes, mais les grands mouvements. C’est très intéressant de constater que malgré toutes nos différences culturelles, les réactions à un événement ne sont pas si différentes entre un Français et un Chinois. Lorsque je fais une photo de quelqu’un dans la rue, ce n’est pas juste une personne que je voudrais montrer, mais plus un mouvement général, universel.
J’aime la Photographie pour sa vitesse de communication. J’aime le fait que le résultat ne soit « qu’une » image, c’est-à-dire un support plat, malléable, presque inexistant, mais pourtant si évocateur. Avec internet les choses se sont amplifiées, et même si je tiens à imprimer mes photos, elle ne sont aujourd’hui que des idées.

Quels sont vos thèmes de prédilection et pourquoi?
A vrai dire je ne me pose pas la question en terme de sujet précis ou de série même. Je photographies les gens, lorsque la situation et le moment me semblent intéressants. Cela peut être uniquement dans un but graphique, d’autres fois pour une raison plus symbolique ou philosophique. Il m’arrive de savoir à l’avance la photo que je veux faire car j’ai repéré un lieu. J’y retourne alors autant de fois que nécessaire afin de faire concorder la « réalité » et mon idée. Mais la plupart du temps je ne fais que marcher avec mon appareil dans la main et attendre que « cela vienne ». J’essaie d’être réceptif et ouvert. Lorsque je cherche je ne trouve rien en général…

Pourquoi choisir principalement le noir et blanc?
J’ai choisi le noir & blanc dès le début. Son caractère graphique m’a tout de suite plu. Mais il permet surtout de se décoller de la réalité en créant une dimension parallèle. C’est très étrange quand on y pense le noir et blanc. C’est sans lien avec la Nature, avec ce que l’on peut expérimenter de nos yeux. C’est une expérience en soi.
L’impact est également très rapide. Visuellement fort. Une bonne image en N&B me touche immédiatement. C’est sans détour. Cette efficacité me plait.
Enfin le N&B renforce le côté dramatique d’une situation, cela peut même devenir inquiétant. C’est très intéressant pour un photographe.

Votre activité architecturale influence t-elle vos travaux photographiques et inversement; quelle relation entre ces dimensions?
Mes deux passions ne peuvent pas fonctionner l’une sans l’autre. C’est pour moi un luxe de pouvoir naviguer entre deux domaines si intéressants. Comme en Architecture, c’est la relation entre l’Homme et le construit qui m’intéresse, et son évolution dans l’espace. Qu’ils soient contraints ou dirigés, la réaction des gens me fascine. J’apprends beaucoup sur eux en faisant des photos. C’est aussi pour cela que je photographie presque exclusivement en milieu urbain, et de préférence les très grosses villes. D’une part car l’anonymat permet aux gens d’être eux-mêmes, et aussi parce que l’urbanisme agit comme autant de frontières physiques avec lesquelles je peux jouer, et qui définissent un parcours pour les habitants. Je ne me sens pas très inspiré à la campagne par exemple. J’ai besoin de sentir un foisonnement, un agitation constante. C’est extrêmement stimulant.


The PhotoArgus - Interview June 2015 (English)

Cyrille Druart is a photographer from Paris who, at an early age, developed an interest in art. After experimenting with various fields of interest and attending design school, he started to focus more on photography. Cyrille’s love of the city and work in architecture has led him to traveling and wandering randomly through the big cities of the world searching for great images. How people interact and behave fascinates Cyrille and many of his pictures focus on the loneliness of the city, which he feels is the central feeling of the urban lifestyle. He almost exclusively shoots in black and white and prefers contrasted, dark looking images.

What’s the inspiration behind your contrasted, dark looking images?
Black and white allows visual simplification. And by contrasting an image, I can reduce grayscale and shapes to three or four elements, which make the image very quick to read. I love that sense of immediacy. But above all, it allows me to take off fragments from reality by creating a parallel dimension. B&W is very strange when you think about it. It is unrelated to anything we experience in nature, or what we usually see with our eyes.

Finally, B&W enhances the drama of a situation, it may even become disturbing, which is very interesting for a photographer like myself. I love mystery. This is why I also use film for my personal work. Its specifications work well for me. It can deal with a sudden change of luminosity and deliver clear images, with full grayscale. Although some people use it for its nostalgic aspect, I prefer to use it for its superior rendering.

What makes the city so interesting?
I shoot almost exclusively in urban areas, and preferably very large cities. The anonymity allows people to be themselves and the architecture makes great physical boundaries which I can play with and define a path for the inhabitants. The countryside isn’t very inspiring to me. I love to feel at the excitement and constant agitation of the city.

What inspired you to shoot the type of photography you do?
I love watching people. Not anecdotes, but large movements. It’s very interesting that despite our cultural differences, reactions to events are not so different between the different cultures. When I take a photo of someone in the street, it’s not just one person I would like to show, but a universal moment, as if this person represented all others. Just like architecture, it is the relationship between man, the structure, and his evolution in space that interests me. I learn a lot about people when taking photos. I was also very influenced with movies. I tend to look for unusal situations and images that bring questioning. It tickles the imagination.

What have you learned the most through your years of photography?
I have developed my sense of timing, and above all to never hesitate. Photography is a matter of seconds. If you’re too early or too late, you miss the shot. You need to feel the moment, like a dancer doesn’t think while he moves.



Kwerfeldein - Interview June 2015 (German)

In Sekunden gelesen

2003 nahm ich meine erste Kamera in die Hand. Eine Nikon FM2. Ihre Robustheit und das Gewicht gefielen mir sofort. Ich begann damit, einfache Objekte zu fotografieren und experimentierte.

Zu Beginn entwickelte ich meine Filme selbst und verwandelte mein Bad in eine Dunkelkammer. Dort machte ich Dutzende unterschiedliche Versionen eines Abzugs. Ich konnte zwei ganze Tage damit verbringen, an einem einzigen Negativ zu arbeiten. Später wechselte ich zum einfachen Scannen und arbeitete mit Photoshop, was besser zu mir passte. Im Alter von 24 Jahren begann ich, zu reisen, um Bilder zu machen. Ich bin aber in dem Sinne kein Tourist, da ich in Städten keinen geplanten Routen oder vorgefertigten Plänen folge. Ich laufe meist wahllos umher und verliere irgendwann die Orientierung. Für mich ist nicht das Ziel entscheidend, sondern, was auf dem Weg dorthin passiert. Ich kann Stunden an Flughäfen damit verbringen, Bewegungen zu beobachten. Die Tatsache, dass Menschen aus aller Welt aufeinanderstoßen (und es manchmal nicht einmal bemerken), fasziniert mich. Wie großartig!

In Städten wähle ich nie Sehenswürdigkeiten aus, lande aber manchmal über Umwege trotzdem dort. Ich tendiere dazu, Touristen zu vermeiden und versuche, versteckte Straßen zu finden. Dort, wo das „echte“ Stadtleben pulsiert. Ich versuche, unauffällig zu sein und mich so zu benehmen, als ob ich ein Einheimischer wäre. Verstecke meine Kamera, so gut es geht und fotografiere zügig. Das funktioniert in Europa und westlichen Städten wunderbar, in Japan jedoch nicht. Die Leute dort bemerken mich sofort und mögen es nicht, fotografiert zu werden. Ich muss mich also schlau anstellen. Wobei ich sagen muss, dass ich nie den Drang verspüre, alles aufzunehmen. Ich trainiere mein Auge ständig und überall – auch ohne Kamera. Oft lerne ich aus einem Moment heraus und kann dieses Wissen an anderen Orten einsetzen. So benutze ich die Fotografie, um zu zeigen, wie ich Dinge sehe und auch, um Stimmungen zu unterstreichen. Deshalb versuche ich, ins Auge fallende Aufnahmen zu machen, die in Sekunden „gelesen“ werden können.

Wenn Du als Betrachter herausfinden musst, was Du gerade siehst, habe ich versagt. Ich mag Bilder, die klar und direkt sind. Minimalismus gefällt unseren Augen, da unser Gehirn einfach und schnell das Ergebnis versteht. Dabei ist es gar nicht so leicht, einfach wirkende Aufnahmen zu erstellen. Das erfordert Weitsicht und einen enormen Aufwand, um sichtbare Elemente zu minimieren, ohne dabei das Hauptaugenmerk aus dem Fokus zu verlieren. Für mich ist Fotografieren ein natürlicher Vorgang und ich stecke mir keine Ziele. Ich möchte einfach so weiter fotografieren, wie ich will und den Dingen ihren Lauf lassen. So wird sich meine Perspektive mit den Jahren ändern und meine Erfahrung wachsen – und es fühlt sich so an, als ob ich in den letzten fünf Jahren einiges dazugelernt habe. Meine Arbeit infrage zu stellen, Kontaktabzüge regelmäßig zu bewerten und herauszufinden, wohin ich mich entwickle, war dahingehend äußerst hilfreich. Da ich immer noch auf Film fotografiere, freue ich mich, wenn ich zwei gute Fotos aus einer 36er Rolle fischen kann. Ich bearbeite meist nur zehn Prozent von dem, was ich fotografiere – selten mehr. Das ist zwar keine selbstauferlegte Regel, aber über die Jahre hat sich dieses Verhältnis durchgesetzt. Film nutze ich auch, um physikalisch daran zu arbeiten. Manchmal zerkratze ich Negative und zerstöre die Oberfläche, um dem Medium eine zusätzliche Ebene zu verpassen. Und die Sauberkeit des Digitalen langweilt mich. Klar, digitale Fotos sehen hier und da sicher gut aus, aber mir fehlt da einfach die Tiefe. Im Beruf arbeite ich digital, denn ich mag die Schnelligkeit, wenn ich sie brauche – doch auch hier fehlt mir die Abwechslung des Formats. Man beschneidet ein Foto mittels Software und das ist einfach etwas anderes als ein quadratisches Mittelformat. Es ist ein Fake und ich mag sowas nicht.

Desweiteren ist es recht leicht, in der digitalen Fotografie Informationen zu verlieren. Ein sehr heller Himmel mit nicht ganz perfekter Belichtung und schon hat man’s vermasselt. Ich finde es ein bisschen komisch, dass das bis heute nicht richtig optimiert wurde. Für mich ist es mit Film fast unmöglich, solche Fehler zu machen. Ich bin mir sicher, dass wir in 15 Jahren alle digital fotografieren werden, aber vorher muss die digitale Technik um einiges besser werden. Um darauf zurückzukommen, was mich persönlich bewegt: Es handelt sich dabei immer um Menschen – oder Zeichen von Menschen. Ich möchte mich aber nicht als Straßenfotograf bezeichnen, denn ich konzentriere mich nicht auf menschliche Einzelheiten. Wie sich jemand kleidet, interessiert mich beispielsweise gar nicht. Und witzige Situationen genauso wenig. Ich möchte gerne Momente festhalten, die in ihrer universalen Dimension wirken. Zeigen, wie Menschen an einem Ort zu einem präzisen Moment leben – und diesen Moment spürbar machen. Sodass Betrachter unsere Entwicklung, Bildung, was und wie wir Menschen lieben, erkennen mögen – all das nur beim Betrachten von Bildern. Es geht um mehr als nur Anekdoten. Es geht um eine grundsätzliche Evolution, die ich darstellen will.

Die Fotografie ist nicht meine einzige Leidenschaft. Hauptberuflich arbeite ich als Innenarchitekt und verfolge damit dieselben Interessen. Mit Architektur kann man, so glaube ich, das Leben von Menschen verbessern, indem man das gestaltet, was um sie herum ist und sie dazu bringen, Alltag und Zukunft zu hinterfragten. Dieses Gefühl einer spirituellen Erfahrung ist es, was mich wirklich bewegt.

So ist das, was ich mache, eine Studie des menschlichen Zustands. Und das begeistert mich sehr.


Portal Photo - Interview June 2015 (Portuguese)

A fotografia autoral está em uma crescente, conheça na entrevista um profissional que trabalha somente com autoral em preto e branco.

Nascida nos anos 80 na charmosa cidade de Paris, o fotógrafo Cyrille Druart, tem uma linguagem e estética singular na criação de suas imagens autorais em preto e branco. Esteve sempre interessado por arte e se formou em Design na à l’ESAG-Penninghen, em Paris, onde aprendeu sobre fotografia. Partindo daí começou a viajar e observar as pessoas, como se comportam, como interagem e seus movimentos, foi onde se apaixonou pela fotografia autoral em preto e branco. Seu objetivo não é só congelar o tempo, mas para tirar fragmentos da realidade para criar imagens individuais, feitos de uma substância própria. Confira a entrevista:

Portal Photos: Conte sobre seu processo criativo nos momentos que sai para observar as pessoas?

Cyrille Druart: Quando eu viajo, acordo cedo e ando aleatoriamente até que algo me chame à atenção. Muitas vezes eu saio e não fotografo mesmo carregando a câmera o tempo todo, fico procurando imagens em potencial, então eu posso esperar até trinta minutos o momento certo de fazer aquela foto.  Eu posso voltar várias vezes naquele lugar para ver a variação da luz, ou a mudança nos movimentos das pessoas. Como fotógrafo, você precisa estar sempre concentrado.

PP: Por que sua escolha de fotografar em preto e branco?

CD: Eu escolhi preto e branco desde o início, amo a fotografia de cor também, mas eu me sinto mais perto de imagens monocromáticas. É um pouco cru e direto. Eu prefiro me concentrar em luz e sombras em vez de cores. Quero dizer, olhe o trabalho de Erwin Blumenfeld, o que ele fez é muito bonito, e exige muito estudo para alcançar tais composições com cores fortes.

PP: O que te atrai tanto na fotografia preto e branco?

CD: Para mim preto e branco está perto de abstração, eu gosto disso porque posso separar minhas imagens da realidade. Baseio meu trabalho no mundo real, a câmera captura então eu isolo a cena a fim de criar um mundo diferente. É apenas uma fração de segundo, um momento que nunca vai existir novamente em que a imaginação do espectador cria o resto. Não faço como os fotojornalistas, meu interesse não é mostrar o mundo como ele é eu quero filtra-lo primeiro. Preto e branco também são um ótimo meio para criar mistério, o estranho e inusitado particularmente me interessa, e eu me sinto atraído por atitudes nervosas também.

PP: O que você pensa sobre o mercado de fotografia autoral nos dias de hoje?

CD: A internet mudou radicalmente o mercado, mudou a nossa forma de mostrar fotos, a nossa maneira de compartilhá-los, e a maneira de como vender o trabalho. Hoje eu acho que é mais fácil do que nunca para ser visível para um público amplo. As câmeras digitais permitem que às pessoas tirem fotos de qualidade sem muito conhecimento, os processadores são capazes de escolher as configurações. Portanto, qualquer um pode fingir ser um fotógrafo.

PP: Qual mensagem você quer passar aos nossos leitores?

CD: Acho que as pessoas seguem muito uns aos outros. Mais do que nunca, devemos entender a noção de qualidade, devemos ficar vigilantes. Eu tento fazer imagens atemporais que falam a todos. Acho que meus recursos visuais são fáceis de entender, e eu espero que elas toquem o espectador de uma maneira natural.


180 Magazine - Interview July 2015 (English)

I started Photography around 2003, when I was given my first film camera. I was studying Interior Design at the time, and there was a darkroom with free access in my school (ESAG-Penninghen in Paris). That’s where I learned how to process film, but more importantly, how to print a picture, using dodging and burning. This is where I get the pleasure. Taking the picture is exciting, but to me the thrill comes afterwards, I start working on it. I then set up my own darkroom, in my flat, and spent a lot of time making experiments. When I felt confident enough I started travelling around the world, visiting friends or on my own. By training alone, I learned how to get good timing, where to stand. It’s an ongoing process, and I’ll probably still be trying different methods in 20 years from now. There is a lot of interrogation going on, before or after the shot, and I really like that. There are many photographers I admire for the questioning they raise. I try not to compare myself with others. I mean sometimes it may be reassuring, but I think one has to find his path and stick to it, while evolving.

I only shoot for my personal work and pleasure. My other activity being Architecture and Design, it feeds Photography in that sense of space and interest between people and the building. I guess Architecture made my pictures more tangible.
My main interest is to show people in their surrounding, large or small scale. To highlight their presence or on the other hand their fragility. I have no attempt at glorifying people, but I would like to talk about the human condition. I like pictures that represent the whole story. Our Story. That’s why I like strong, contrasted images. That means of representation emphasizes the crudeness of life.

As in my design works where I tend to use raw, sleek materials and no decoration, I try to make minimalist compositions, with one or little elements. I would like my photographs to be instantly read, with no need for explanations of text. Being quite monomaniac, I like to focus my attention on one topic and get the most out of it. In terms of composition, this translates into showing major movements rather than anecdotes. I always simplify my images to the maximum in order to reach the point where there is nothing to remove. As in any Art form, reaching the very structure, the skeleton, is the goal. It is the same work principle as designing really. I want to get rid of any superfluous element, and reach the obvious. There is nothing more thrilling to me.

My photographs relate to an idea of beauty and strangeness in life. They are about us, our way of living, our concerns and also moments of grace. I don’t work in series. The next picture might be totally different from the previous one, and I have no idea what the one after will be about. It’s the situation on the instant that moves me, although I sometimes plan to go back to some places with potential. I think my best photographs so far are the non planned ones. I see my pictures as fragments, linked together by a formal search. They have to be strong enough to work on their own.
I also try to inject some sense of mystery in my photographs. I find more interesting to suggest things than showing them, which is often disappointing. Imagination does the rest. That’s very stimulating for the viewer also, as there is not one interpretation only. Everyone may find one.

Photographing in a city isn’t always easy. You need to find stratagems, divert attention, or pretend to shoot when you actually want some reaction from people. I am looking for attitudes. Not eccentric but different behaviours. It may be the way some woman is dressed, the way someone walks.
People usually don’t pay attention to others in big cities, but it’s quite easy to spot interesting subjects. I also like details that can tell a lot about someone, and then insert them into bigger framing. Most of the time I just walk around until I find something. It’s all about being receptive and ready for the moment. I don’t shoot much, rarely more than a roll a day, or let’s say 30 images. Even when travelling, I may not shoot a single frame for a day. If I don’t feel confident enough in the result, or if I think I won’t use the picture, I prefer to move on.
Because I freeze Life in the end, literally every single thing could end up being a good subject. The most important to me is to raise awareness, surprise the viewer and make him/her wonder what’s going on. Photography concentrates so much -visual and idea- it can become a very powerful weapon.